Où mettez-vous votre énergie lors d’un conflit ?
- 22 avr.
- 2 min de lecture
Soyons honnêtes un instant. Lors d’un conflit, notre priorité n’est pas toujours… d’écouter. Elle est souvent de convaincre. D’expliquer. De prouver. Bref, d’être compris. Et si possible rapidement. On affine ses arguments, on coupe parfois la parole (juste un peu), on reformule pour être sûr que l’autre “saisisse bien”. Et plus l’autre résiste, plus on insiste. Résultat : deux personnes qui parlent très bien… mais qui ne s’écoutent plus du tout.
Derrière ce besoin d’être compris, il y a souvent une peur : celle de ne pas être entendu, reconnu, considéré. Alors on appuie, on argumente, on se défend. Mais ce que l’on oublie, c’est que l’autre, en face, est animé par exactement le même mouvement. Lui aussi veut être compris. Lui aussi se sent peut-être attaqué, incompris, seul dans sa perception. Et c’est ainsi que le dialogue devient un duel.
Ce qui change la dynamique, ce n’est pas une meilleure argumentation. C’est un déplacement d’attention. Faire une pause (une vraie) dans ce besoin presque urgent d’être compris, et se tourner vers l’autre. Pas pour répondre. Pas pour corriger. Mais pour comprendre. Qu’est-ce qu’il ressent, là, vraiment ? Qu’est-ce qui se joue pour lui derrière ses mots ? Cela peut sembler contre-intuitif, presque injuste sur le moment (“et moi alors ?”). Et pourtant, c’est souvent le point de bascule.
Prenons un exemple simple. Une dispute éclate parce que l’un reproche à l’autre son manque de disponibilité. La réaction spontanée ? Se justifier : “Je travaille beaucoup, tu le sais, je fais ce que je peux !” Mais si, à la place, on répondait : “J’entends que tu te sens seul en ce moment… c’est ça ?” Tout change. La tension baisse. L’autre se sent rejoint. Et, paradoxalement, devient souvent plus disponible pour entendre à son tour.
C’est ce que j’observe très concrètement en thérapie : lorsque l’un des deux partenaires fait ce pas (celui d’écouter vraiment) cela crée un espace nouveau. Un espace où l’on n’a plus besoin de crier pour être entendu. Un espace où les émotions peuvent circuler sans se heurter. Ce n’est pas une technique magique. C’est une posture. Et comme toute posture, elle se travaille.
Alors non, cela ne signifie pas s’effacer, ni renoncer à ses besoins. Bien au contraire. C’est une manière plus intelligente (et plus respectueuse) d’y accéder. Car lorsque l’autre se sent compris, il baisse naturellement ses défenses. Et devient, à son tour, capable d’écouter.
C’est là que le cercle change de sens. Moins de lutte. Plus de lien.
Et parfois, au milieu d’un conflit, il suffit d’une seule personne pour amorcer ce mouvement.





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