Le plaisir de l’émerveillement.
- il y a 7 jours
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Il y a quelque chose de profondément apaisant dans le fait de s’émerveiller. Quelque chose de simple, presque évident… et pourtant souvent oublié. Dans nos vies bien remplies — parfois trop — nous passons à côté de ce qui est là, juste devant nous. Pris dans le rythme, happés par les écrans, saturés d’informations souvent anxiogènes, nous finissons par ne plus voir. Ou plutôt, par ne plus regarder vraiment.
Et pourtant, il suffit parfois de très peu. En ce moment, le printemps fait son œuvre. Les arbres explosent de fleurs, la forêt retrouve ses nuances infinies de vert, les oiseaux semblent avoir décidé de donner un concert permanent (certains avec plus de talent que d’autres, soyons honnêtes). Les odeurs changent, l’air aussi. La vie reprend. Et si je m’y attarde, vraiment, quelque chose en moi se dépose. Je respire différemment. Je ralentis.
Mais l’émerveillement n’est pas réservé aux saisons “instagrammables”. Il est accessible toute l’année. Dans un café partagé, dans la lumière d’un matin d’hiver, dans un rire inattendu, dans la chaleur d’une douche après une longue journée. Le problème, ce n’est pas l’absence de beauté. C’est notre difficulté à y être attentif.
En thérapie, je rencontre souvent des personnes qui me disent se sentir fatiguées, démotivées, parfois un peu éteintes. Et très souvent, leur regard est orienté — presque automatiquement — vers ce qui ne va pas. C’est un biais bien connu de notre cerveau : il repère plus facilement le négatif, parce qu’il est programmé pour anticiper les dangers. Rien d’anormal donc. Mais cela peut devenir envahissant.
Alors je propose parfois un exercice simple, presque enfantin : tenir un journal d’émerveillement. Chaque soir, noter trois choses, petites ou grandes, qui ont suscité une forme de plaisir, de beauté, de surprise dans la journée. Cela peut être minuscule : un rayon de soleil sur un mur, une conversation agréable, une odeur familière. L’objectif n’est pas de vivre une journée parfaite. L’objectif est d’apprendre à voir autrement.
Car oui, cela s’apprend. Comme un muscle que l’on rééduque après une blessure, notre attention peut être entraînée. Plus nous portons consciemment notre regard sur ce qui est beau, plus notre cerveau s’y habitue. Progressivement, il devient plus disponible au positif. Plus ouvert. Plus souple.
Et ce changement n’est pas anecdotique. Il influence notre état intérieur, bien sûr, mais aussi notre manière d’être en relation. Une personne qui retrouve cette capacité d’émerveillement est souvent plus présente, plus vivante, plus connectée à elle-même… et donc aux autres.
S’émerveiller, ce n’est pas fuir la réalité.C’est choisir de ne pas en voir uniquement les ombres.
Et parfois, il suffit d’un instant, d’un regard un peu plus lent, d’une attention un peu plus fine pour se rappeler que la beauté est là : partout. Et qu’elle n’attend qu’une chose : être remarquée.





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